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Publié : 17 mai 2007
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Note de lecture

Collectionner et se documenter. La lecture documentaire

Note de lecture réalisée par Arlette Mompas.

Peltier, Michel. Collectionner et se documenter. La lecture documentaire. Amiens : Centre régional de documentation pédagogique de l’Académie d’Amiens, 2006. (Repères pour agir. Premier degré).


Le chercheur scientifique et le collectionneur utilisent la même démarche : classifier, désigner, rechercher, réaménager les classifications, réviser les connaissances. Collectionner, c’est avoir au moins un début de projet de recherche documentaire.
Les enfants aiment ramasser, collectionner. Pour eux, faire une collection appartient au domaine du jeu. L’enseignant peut partir de ce goût des enfants pour ancrer sa pédagogie. Collectionner oblige à choisir les objets et donc à en laisser d’autres, puis à classer, souvent avec l’aide d’un adulte. La collection s’organisant, on a envie d’échanger, soit pour parler de sa collection, soit pour obtenir des spécimens manquants. Pour l’enfant, c’est une occasion d’améliorer son expression, orale et écrite.

L’élève doit pouvoir mettre en oeuvre des compétences en matière de lecture documentaire.
Les instructions officielles pour l’école primaire, programmes de 2002, précisent ce qu’est la lecture documentaire au cycle 3. La lecture documentaire n’est pas synonyme de lecture intégrale ; elle met en jeu la lecture sélective pour laquelle il faut former l’élève. La lecture documentaire (comme la lecture littéraire) relève de processus interprétatifs. Elle se découpe en plusieurs temps : préparation de la recherche, recherche, traitement de l’information, restitution. Cet apprentissage doit se faire sur des supports variés, papier, cédérom, site, lecture multimédia. Il s’appuie sur la reconnaissance d’aides au repérage : sommaire, table des matières, chapitres et intertitres, tables des illustrations, cartes, lexique. Deux points importants à travailler en classe : l’utilisation du lexique et les codes spécifiques de l’image. Cet apprentissage ne peut se faire qu’en situation, en utilisant directement des ouvrages documentaires.

Les apprentissages des élèves s’articulent à l’occasion de projets de productions. La lecture documentaire s’inscrit dans le cadre des enseignements disciplinaires, pour compléter des connaissances acquises ou pour valider des réponses.
Selon les documents d’accompagnement des programmes 2003, on peut distinguer plusieurs moments dans un projet de recherche documentaire :
- préparer la recherche en précisant le projet : cerner ce que l’on cherche par un questionnement et établir une liste de mots-clés
- chercher les documents : à l’aide d’un logiciel documentaire ou d’un moteur de recherche, en choisissant différents supports, puis en retenant les documents qui semblent intéressants
- traiter les documents retenus : en extrayant les informations utiles, sans oublier de relever la référence bibliographique des documents utilisés
- restituer : reformuler un texte, choisir des images, en fonction du projet et en citant ses sources
- mémoriser et réinvestir les acquis méthodologiques
L’adulte est le tuteur naturel tout au long du travail de recherche documentaire ; un élève peut prendre la place de l’enseignant mais il faut alors préciser très clairement son rôle.

De nombreux exemples de production sont proposés : débat, dossier thématique, panneau, article de journal, exposé, chronologie, biographie, bibliographie, interview.
Pour évaluer les compétences des élèves en matière de lecture documentaire, on peut faire des évaluations ponctuelles sur des composantes de la recherche documentaire, à propos d’un travail disciplinaire. De nombreux exemples sont donnés, entre autres : créer une liste de mots-clés pertinents ou partir de questions, sélectionner les chapitres d’un sommaire dans lesquels trouver les réponses...
Le travail de recherche documentaire est l’occasion de travailler l’oral pour faire comprendre, justifier, convaincre, rendre compte... C’est l’occasion de faire écrire rapidement, d’écrire des textes de nature variée, à dominante narrative, explicative, injonctive... C’est l’occasion d’utiliser un traitement de texte, de travailler la mise en page...

La BCD (ou le CDI) sont des lieux privilégiés, observatoire des écrits, bibliothèque et musée de l’école. Le fonds de la BCD est organisé en plusieurs espaces : narratif, documentation, exposition. Son contenu est composé de documents variés, sur des supports variés. La BCD a aussi une fonction de mémoire des événements de l’école.
Le parcours documentaire d’un élève s’inscrit dans ce cadre : il doit repérer l’endroit où sont rangés les documents (usage d’un logiciel documentaire, observation de la signalétique, étude des différents types de documents). Le rangement, à la suite d’un travail, fait partie des activités pédagogiques !
Le livre souhaité trouvé, l’élève doit savoir localiser l’information dans l’ouvrage par une lecture sélective, en utilisant les outils documentaires, en repérant l’organisation de l’ouvrage et les différents types d’informations. En classe, on peut construire des affiches méthodologiques.
La prise de notes est un moment difficile et une démarche est proposée : après photocopie des articles retenus sur le sujet, l’élève souligne les idées importantes, les recopie sur une feuille, montre son travail à l’enseignant et rédige ensuite son texte personnel uniquement avec la prise de notes, puis l’enseignant corrige ce texte, l’élève réécrit...
L’ouvrage contient une série de fiches organisant le travail à la BCD. Ces travaux peuvent donner lieu à des expositions temporaires à la BCD et l’enseignant peut demander une aide à des associations locales travaillant sur le même thème. L’une des fiches, réalisée en vue d’organiser un achat ultérieur de livres documentaires pour la BCD, propose une grille d’analyse d’ouvrages documentaires (critères pour reconnaître un ouvrage documentaire intéressant pour la BCD).

Une enquête sur les objets de collection, de la petite section maternelle jusqu’au lycée, permet de reconnaître trois types de collection :
- les collections sauvages, trésors accumulés, essentiellement à connotation fortement affective
- les collections d’ensemble de... qui justifient déjà d’une recherche documentaire possible
- les collections scientifiques, exigeant une recherche documentaire pour identifier et connaître ce qui est collectionné.

On peut faire travailler la classe entière sur la création d’une collection. De très nombreuses pistes sont données, avec l’organisation pratique des activités possibles. Pour chaque collection la démarche est toujours la suivante : le rassemblement des objets de la collection, le matériel indispensable, les prolongements pédagogiques.
Une mention particulière pour l’activité concernant la collection de livres de jeunesse : regrouper un ensemble de livres de jeunesse ayant un point commun, l’auteur, l’illustrateur, le thème...
Autre exemple : à partir de la collection d’objets de la vie quotidienne des élèves comme des étiquettes ou des emballages de produits... les élèves doivent construire des cartes économiques ou géographiques. Chaque séquence comprend toujours trois séances : la collecte des objets par les élèves ; la construction des cartes ; la mise en commun, la vérification du résultat, l’exposition.

Dans la préface de l’ouvrage de Michel Peltier, Max Butlen rappelle que la collection renverrait à une volonté individuelle d’ordonner le monde pour mieux le comprendre et se l’approprier. Faire entrer la collection à l’école c’est utiliser le plaisir que les enfants ont de collectionner pour qu’ils renforcent leurs compétences en lecture documentaire et en recherche d’information.

Commentaire du groupe de réflexion des professeurs documentalistes l’académie de Rouen

Cet ouvrage accorde une attention particulière aux compétences requises pour une lecture à caractère documentaire, insiste sur les étapes précises d’une démarche de recherche documentaire (à acquérir dès l’école primaire), plaide en faveur du travail de groupe organisé et prévoit des étapes d’apprentissage. Il rappelle les textes officiels encadrant l’activité de recherche documentaire à l’école primaire.

Pour poursuivre la réflexion, il faudrait rapprocher ce travail du socle commun des connaissances (rapidement abordé dans l’ouvrage) et envisager des validations dans le cadre du B2i.
L’ouvrage de Michel Peltier nous semble un document permettant la jonction entre collège et école primaire.

Par ailleurs, les professeurs documentalistes de ce groupe ont réfléchi à un test destiné aux élèves entrant en sixième. L’intérêt est de repérer les pratiques documentaires des élèves en matière de recherche documentaire à l’entrée au collège, pour construire ensuite l’année de formation en classe de sixième. Il ne s’agit pas de pré-requis pour cette formation.

Plusieurs items ont été retenus pour cette observation :
- distinguer un ouvrage documentaire d’un ouvrage de fiction
- classer par ordre alphabétique
- choisir un dictionnaire adapté à une recherche ; utiliser un dictionnaire des noms propres
- retrouver un roman classé dans le centre de documentation
- repérer dans un livre l’auteur, le titre, l’éditeur
- définir le rôle de l’auteur
- repérer et utiliser les outils de recherche dans un livre documentaire
- repérer certains éléments de mise en page

Il s’agit bien sûr d’une première proposition, à retravailler et à insérer dans des activités pédagogiques. Il nous semblerait intéressant de confronter nos pratiques avec celles de nos collègues de l’école primaire, de manière à mettre ensuite en place une progression des apprentissages documentaires au collège. L’objectif commun est de permettre à l’élève d’utiliser tout centre de ressources et d’effectuer une recherche d’information en autonomie à la fin du collège.

Post-scriptum

Mis en forme et en ligne par Ghislain Chasme.

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