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Publié : 26 septembre 2012
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Dernière modification : 16 novembre 2013

Journées de BEF 2011-2012

Synthèse des travaux sur la veille

La veille : d’une pratique intuitive à une pratique professionnelle ?

La place de la veille dans l’activité du professeur-documentaliste fait débat. Comme outil pédagogique, également.
Il est d’autant plus intéressant de se pencher sur la façon dont chaque BEF s’est emparé du sujet.

1) Un intérêt certain pour le thème

Le sujet, qui était vaste et pouvait apparaître comme marginal au regard des activités déjà multiples du professeur documentaliste, a éveillé une curiosité certaine et un appétit palpable pour les nouveaux outils disponibles sur le Web de même que pour les nouveaux outils de collaboration Pearltrees sur la veille de Sophie Bocquet.
Des différents axes proposés à la réflexion (Cf Diaporama Rouen Rive-droite en pièce jointe) : la veille professionnelle du professeur-documentaliste, la veille pour l’établissement, la veille comme outil didactique, il est clair que c’est le premier qui est apparu comme le plus naturel et le dernier comme le plus innovant.
Au fil des travaux, la question de la veille s’est révélée étroitement lié à deux notions essentielles : l’évaluation de l’information (Cf l’intervention d’Alexandre Serres lors de la JA) et le droit de l’information, question sensible dès qu’il y a publication et surtout "curation", c’est à dire mise en forme et partage sur le Web d’une information publiée par un tiers (Cf l’intervention de Michèle Battisti ).

2) Des inquiétudes exprimées

Elles tiennent au fait que certains ont rapproché le thème de la veille, d’une certaine idée du "LC" (devenu 3C depuis), et s’inquiètent de voir croître la dimension de "service" du métier au dépens de l’enseignement.
On peut aussi à juste titre s’inquiéter de la place que peut prendre la veille dans un quotidien déjà bien chargé. C’est certainement une activité chronophage, à manier avec précaution, mais dans l’ensemble, les participants ont été sensible au message comme quoi il était utile de bien connaître les nouveaux outils et leurs usages pour limiter le temps à y consacrer (Cf Diaporama FLY BEF2 en pièce jointe).
De façon plus large, il semble que la pression technologique, la nécessité de se former continuellement à de nouveaux outils, engendre quelque stress, somme toute assez naturel. D’autant plus que le temps de formation collective pour la prise en main de ces outils reste limité et qu’ils nécessitent pour la plupart un temps d’auto-formation. Il est bon de rappeler à ce sujet qu’il n’est ni utile, ni nécessaire de connaître tous les outils, mais d’en comprendre l’intérêt et le fonctionnement et d’en maîtriser complètement au moins un.

3) Les notions abordées

Je ne cite ci-dessous que les plus importantes ou les plus nouvelles :
- le pull et le push ou les deux "faces" de la veille,
- le flux RSS, outil d’automatisation de la veille,
- l’évaluation de l’information  : la veille commence toujours par la recherche et le choix d’un certain nombre de sources. Les travaux réalisés en sont la preuve, car s’ils proposent des sources, ils n’introduisent que rarement la dimension temporelle de la veille.
- le droit de l’information dans le cadre de la publication sur le net a été beaucoup travaillé ; un besoin de formation dans ce domaine s’est souvent exprimé. Sur ce sujet, à consulter dans les documents qui suivent : le diaporama BEF FLY Veille et droit et le pense-bête juridique. A suivre également la veille menée sur ce thème par Sylvia Miclot, qu’elle nous fera partager sur le site.
- les notions émergentes : la curation (nouvelle notion ou poudre aux yeux commerciale ?) et la folksonomie (Cf Diaporama Rouen droite, BEF FLY Veille et droit en pièce jointe) ont été réactivées lors de la journée TICE.

4) Une bonne prise en main des outils malgré le manque de temps

Certains outils n’étaient pas complètement nouveaux : les agrégateurs de flux symbaloo et netvibes étaient déjà connus, mais continuent à faire des adeptes, notamment pour les pages d’accueil des CDI. Les cartes mentales présentées l’année dernière ont été beaucoup utilisées.
Pearltrees a fait une percée remarquable, malgré une certaine difficulté de prise en main, ainsi que Scoop-it Scoop-it des travaux Rive gauche, certainement pour leurs qualités visuelles. Alors que des outils de partage comme Diigo ou le réseau Tweetter ont été assez peu expérimentés.
Le temps à consacrer à la prise en main des fonctionnalités a malgré tout été insuffisant. Il reste un travail personnel à faire.

5) La place de la veille en EPLE

La nécessité pour le professeur-documentaliste de mener une veille sur certaines sources, incontournables dans l’exercice de sa fonction, fait quasiment l’unanimité. De nombreux collègues ont souhaité faire le tour des sources utiles ( Cf Carte mentale sur la veille professionnelle en pièce jointe) et les mutualiser.
La veille paraît naturelle dans certains domaines spécifiques comme la culture, la littérature de jeunesse, l’histoire des arts Scoop-it culturel Dieppe, (Cf Histoire des arts 3ème en pièce jointe). Dans ce cas, les travaux proposés prennent la forme d’un ensemble de sources mise à disposition dans une présentation organisée.
La veille à l’échelle de l’EPLE a été plus rarement abordée, du fait sans doute de la difficulté de la mener seul ou de la mettre en place de façon collective. Elle pourrait être pourtant utile en Lycée des Métiers où le besoin s’en fait davantage sentir (Cf Veille en LP Hôtelier, en pièce jointe). On peut se reporter sur ce sujet aux travaux du Groupe Mutualisation LP.

6) La place de la veille dans les apprentissages

Dans les cadres qui permettent le travail sur un temps long avec les élèves, la démarche de veille a paru avoir sa place, même en collège, si l’on en croit les différentes séances proposées. Elles ne sont pas toutes abouties, mais proposent des pistes de réflexion intéressantes :
Pour le collège :
- Séance pour découvrir un agrégateur (Netvibes) en 4ème dans le cadre du B2I (en pièce jointe)
- Autour du dossier SVT en 3ème : Cf "SVT 3ème autour de pearltree" en pièce jointe et Symbaloo SVT 3ème
- Autour du PDMF  : Parcours d’orientation du collégien par Marion Ducouret
- Autour de l’EDD : Cf Club EDD autour de Tweeter, en pièce jointe.
- Séance de mise en place d’une veille en 3ème autour des élections présidentielles américaines (pièce jointe).
En lycée :
- Autour de la presse : Scoop-it Image et presse
- Séance sur la veille à l’aide de Diigo en terminale (pièce jointe)
Néanmoins, ces séances visent surtout à conserver une sélection de sources utiles sur un thème sous une forme pratique, partageable, publiable. Lors des séances, outre la présentation d’un outil, les compétences visées sont souvent la sélection des sources, l’évaluation de leur pertinence et de leur fiabilité, et si l’on aborde les notions de veille ou de flux RSS, elles ne sont pas centrales.

Conclusion

Le débat est lancé (Cf Médiadoc N°8 de Juin 2012 et l’article de Marie-Astrid Medevielle et Angèle Stalder sur le site des Cahiers pédagogiques) : d’aucuns pensent, comme Alexandre Serres, que l’on ne peut guère que sensibiliser les lycéens à cette notion et que la priorité doit être donnée à l’évaluation de l’information dans le Secondaire, sans se laisser entraîner dans une dérive techniciste ; d’autres que la veille est une situation pédagogique intéressante qui peut être abordée dès la sixième à l’aide des outils techniques du Web 2.0. Fait-elle partie de la culture technique à acquérir dès l’école pour apprendre à nos élèves à affronter l’info-pollution ou s’agit-il surtout d’accompagner l’élève dans une dynamique de longue durée, basée sur une motivation à construire autour de l’information, bien au-delà de l’outil technique ?
Nul doute qu’un examen plus approfondi de la notion elle-même et des compétences visées à chaque étape de la formation, permettra de dépasser cette divergence dans les positions qui n’est sans doute que superficielle.

Cécile Jouquan.