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Publié : 19 juin 2013
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Dernière modification : 23 août 2013

GRPDoc : Expérimentations en Info-Doc

Peut-on former à distance au collège ?

Utiliser les outils numériques pour travailler à distance

Il s’agit de tirer les enseignements de deux expériences : l’une autour du projet professionnel de l’élève dans un collège ZEP et APV , l’autre autour de l’identité numérique dans un collège accueillant un public de milieu privilégié.

Pourquoi un tel enseignement ?

Pour un suivi plus individualisé,
Pour donner aux élèves des habitudes de travail avec le numérique,
Pour leur permettre de travailler à leur rythme,
Mais aussi, parce qu’il est difficile de tout faire en présentiel.

Synthèse

Quels élèves ?

Dans les deux cas, les élèves de 4ème et/ ou de 3ème, plus autonomes. Mais on peut très bien envisager de petits échanges simples dès la sixième.

Avec quel outil ?

Le Webclasseur : outil national créé par l’Onisep, à l’interface très agréable qui met à disposition des ressources, des outils et des espaces de travail, mais qui est à priori dédié à l’orientation.
Le LCS, outil académique, qui peut être déployé à partir d’un serveur SE3 sur demande. L’interface est moins aboutie, et le fonctionnement moins sûr. Il propose une messagerie, un espace pour la gestion et l’échange de documents, un Wiki, une plate-forme de formation, etc, mais son usage n’a rien d’intuitif.
Parmi le grand nombre d’outil existant, le plus évident serait évidemment un ENT validé (pour notre département, Arsène 76). L’essentiel étant qu’il permette de travailler chez soi et de dialoguer à distance.
On peut aussi opter pour les outils ouverts disponibles sur le marché selon l’activité envisagée : messagerie, réseau social, outil de partage de documents, blog, plate-forme de formation, etc.

Dans quel cadre ?

Les deux dispositifs choisis (PDMF, B2I) sont des domaines où l’approche personnalisée est souhaitable, voire nécessaire.

Quelle organisation ?

Le démarrage se fait dans les deux cas en présence des élèves, moment indispensable pour donner du sens à l’apprentissage et motiver les élèves. Dans l’ensemble, ils adhèrent à la démarche et acceptent sans difficulté les nouveaux outils.
Ensuite, il leur a été laissé un certain temps pour réaliser le travail attendu. On constate qu’au bout d’une quinzaine de jours, les élèves passent à autre chose pour la plupart et oublient de revenir sur l’outil. Un suivi sur toute l’année est un peu utopique. D’où l’intérêt d’un même outil utilisé régulièrement pour des activités variées. Avec le temps, il devient incontournable.

Quel temps passé ?

Le travail de préparation est important s’il faut trouver ou créer les ressources proposées aux élèves ; il faut veiller à ce qu’elles soient adaptées à leur niveau, attractives, pas trop nombreuses...
Le temps de correction et de suivi est sans doute le principal inconvénient de la démarche. Il faut relancer les élèves, leur demander de refaire, de compléter, en voir certains individuellement, quand il y a évaluation.
En contrepartie, cela présente l’avantage d’individualiser l’accompagnement et de consacrer plus de temps aux élèves en difficulté.

Les principaux obstacles rencontrés :

Outre le temps à y consacrer, les obstacles ne manquent pas. Une part importante d’élèves n’arrivent pas à faire le travail à la maison pour des raisons techniques. Ces difficultés sont plus importantes avec un outil « ouvert » comme le LCS qu’avec un outil type ENT. Ils oublient leur mot de passe, ils ne savent pas tous joindre un fichier à un mail, enregistrer à un endroit donné...

L’autre obstacle est évidemment la non participation, plus importante quand il n’y a pas d’évaluation. Comme pour un devoir maison, il faut réclamer et souvent, revoir les élèves les plus lents à réagir.

Intérêt de la démarche :

Elle tient essentiellement au fait que l’élève est plus autonome, responsabilisé dans son travail, plus actif aussi du fait qu’il est suivi personnellement, qu’il se sent donc encouragé à progresser, mais qu’il le fait à son rythme.
Le dialogue qui s’instaure parfois via la messagerie a aussi un intérêt éducatif : on apprend aux élèves à être correct, à utiliser les formules de politesse, à signer, ce qui ne va pas de soi au collège...
Ce dialogue est d’autant plus intéressant pour le professeur-documentaliste que nous avons rarement l’occasion de l’établir dans notre métier.
Enfin, ce type de démarche permet de repérer les élèves ayant besoin de remédiation dans le domaine numérique et en documentation.

Membres du groupe ayant participé à cette expérimentation :
Sophie Gohier, Cécile Jouquan.

Source image : File:Portable_violet.png
By Mikadiou (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
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