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Publié : 21 septembre
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Désinformation : démêler le vrai du faux

Séquence pédagogique en lycée

Cette séquence pédagogique, intitulée "Rumeur, désinformation, théories du complot : démêler le vrai du faux", a été proposée en classe de 1ere ES par Héloïse Lécaudé, lycée André Maurois, Elbeuf, dans le cadre de l’Enseignement Moral et Civique avec un collège enseignant d’histoire-géographie, en fin d’année scolaire 2016-2017. Cette séquence s’appuie sur les travaux menés tout au long de l’année dans l’académie autour de la notion de désinformation et de vérification de l’information.

Contexte pédagogique

→ Classe de 1ES, en demi-groupe, sur des heures d’EMC (1 heure/quinzaine/demi-groupe) avec l’enseignant d’histoire-géographie de la classe, dans le cadre de l’axe « Enjeux moraux et civiques de la société de l’information ».

→ Classe que je ne connaissais pas encore en contexte de formation, mais j’ai participé à l’évaluation de leurs TPE en mars. Au cours de cette évaluation, je les ai tous questionnés sur leur travail de recherche d’information, notamment en ce qui concerne la sélection des sources et l’évaluation de leur pertinence.

→ 4 heures prévues (nombre d’heures insuffisant, mais contraint par le calendrier de fin d’année).

→ Besoin en matériel : un ordinateur enseignant avec vidéoprojecteur et son, postes informatiques pour les élèves.

Objectifs pédagogiques en information-documentation

→ Analyser la construction et de la diffusion de théories du complot, fausses informations, rumeurs, etc.

→ Sélectionner des sources d’information et analyser leur pertinence.

→ Évaluer le point de vue d’une source d’information sur un sujet QVS. Distinguer une source « à vocation objective » et une source « orientée », pour en évaluer l’intérêt propre dans ce contexte particulier de recherche.

→ Travailler sur la restitution de l’information sous une forme spécifique, l’infographie.

Réalisation finale

→ une infographie (par groupe).

Présentation générale de la séquence

Par binômes, les élèves choisissent un sujet de leur choix relevant du phénomène de désinformation. Ils doivent ensuite mener une démarche d’enquête, sur le modèle de celui présenté par Odile Chevenez en journée académique, pour répondre à quatre questions :

→ résumer l’histoire, la rumeur, la théorie du complot dans ses grandes lignes ;

→ établir l’acte de naissance de la fausse information, si possible en lui attribuant une paternité et une date de naissance ;

→ montrer les mécanismes de propagation, de viralité, de diffusion de la fausse information : dans quelle(s) sphère(s) se propage-t-elle ? Avec quels médias (rumeur, vidéos, publications, etc.) ? A quelle vitesse ?

→ présenter des arguments de réfutation pour déconstruire le mécanisme de désinformation.

Découpage de la séquence

Séance 1 : présentation et début des recherches

1/ Ouverture sans préambule sur la vidéo du complot Daft Punk, pour que les élèves découvrent par eux-mêmes le sujet. Cette entrée en matière est ludique, elle met les élèves en alerte pour la suite de la séquence.

2/ Point de vocabulaire avec une fiche élève (disponible en attaché)
→ notions abordées : rumeur, désinformation, théorie du complot.
Ce court temps théorique permet de poser les premiers échanges avec les élèves, recueillir des éléments sur la connaissance et la perméabilité des adolescents sur ce sujet.

3/ Réflexion collective sur les sujets possibles
→ les sujets que les élèves proposent dans cette classe sont en premier lieu les Illuminati, puis les attentats du 11/09/2001, on n’a pas marché sur la Lune, des légendes urbaines (Amityville, les clowns ou poupées tueurs).
→ si les élèves peinent à trouver des sujets variés, appui sur le livre Théories du complot (Will BRYAN, Editions L’imprévu, 2016).
→ Répartition par binômes et par sujet.

4/ Début des recherches
Pendant ce temps, création de Padlet individuels par mon compte professionnel (exemple de Padlet d’élèves disponible ici). Centraliser les Padlet des élèves sur un compte enseignant permet de dépasser la difficulté de la création de comptes individuels, impliquant en amont d’avoir obtenu l’autorisation des parents pour créer ce compte et ouvrir une adresse mail dédiée à la pédagogie.

Pour les élèves, découverte de l’outil Padlet, qui permet dans ce contexte de collecter les documents sélectionnés, qui seront ensuite exploités en séance 2.

Pour la suite de la séance, les élèves travaillent sur la sélection des sources, surtout sur la notion de pertinence, en faisant un parallèle avec les TPE.

Séance 2 : recherches d’information

Reprise du fil du projet par la vidéo ducomplot des chats, pour évoquer les grandes caractéristiques des vidéos complotantes. Les élèves sont sensibilisés aux mécanismes des sources que beaucoup d’entre eux vont exploiter dans le cadre de leur propre enquête.

Poursuite des recherches, exploitation des sources, prise de notes.

Séance 3 : structurer l’information dans une infographie

Travail au brouillon pour structurer l’infographie, à partir d’un document-élève pour les guider dans les grandes étapes (document disponible en attaché).

Séance 4 : réalisation de l’infographie

Outil utilisé : Piktochart (compte du CDI).

Diffusion des meilleures infographies sur le portail Esidoc et en affichage dans la salle de formation du CDI.

Remarques diverses et retour d’expérience

Le projet n’a pu être mené à son terme en cette fin d’année scolaire en raison d’un calendrier écourté et contraint. L’expérimentation sera reportée en 2017-2018, sur le même niveau de Première, et fera alors l’objet d’une nouvelle analyse.

Il semble que les élèves de cette classe particulière (profil de classe avec de l’hétérogénéité mais des élèves scolaires et appliqués, soucieux de bien faire) soient assez peu perméables à ces phénomènes d’information, certains pointant même – sans le nommer – un mécanisme de bulle de filtre. Il serait alors intéressant de mener cette même séance sur plusieurs années, pour en avoir l’évolution dans le temps, mais aussi avec d’autres tranches d’âge (élèves plus âgés et plus jeunes) et dans d’autres filières (STMG, L et S pour le lycée général et technologique ; d’autres filières technologiques qui ne sont pas présentes dans mon établissement ; filières professionnelles). Une comparaison avec d’autres contextes d’établissement, avec des profils socio-culturels différents, serait également pertinente pour mesurer plus finement le degré de pénétration de ces fausses informations auprès de notre public du secondaire.